Dégustation de rhum pour débutants
- Idris Van Nuffel

- il y a 4 jours
- 7 min de lecture
Attention me Hearties !
Dans cet article, je vous présenterai les meilleures pratiques pour déguster le rhum. Bien déguster un rhum vous permettra d'apprécier davantage votre verre et de faire des choix éclairés lors de vos futurs achats. Nous aborderons d'abord les bases, puis les aspects pratiques, et enfin quelques conseils pour identifier les arômes et les saveurs.
De quoi avez-vous besoin ?
Le verre adéquat
Pour une dégustation optimale, utilisez un verre adapté à l'occasion. Les meilleurs verres combinent une forme ballon et tulipe. Vous trouverez d'élégants verres à pied, des verres design modernes, et bien d'autres, mais le meilleur verre, notamment en termes de rapport qualité-prix, reste le classique verre Glencairn.
La forme est importante car sa forme bombée permet de préserver les arômes et de réchauffer le verre entre les mains. La « cheminée » assure ensuite une diffusion homogène et contrôlée des arômes. Vous n'avez pas de verre de cette forme ? Essayez d'en trouver un qui s'en rapproche le plus, comme un verre ballon ou un verre à porto, mais évitez les verres de type tumbler, qui ne préservent absolument pas les arômes.
Utilisez un verre différent pour chaque rhum. Si vous n'utilisez qu'un seul verre, les saveurs se mélangeront inévitablement, ce qui est indésirable. Utiliser un verre différent pour chaque rhum vous offre également un avantage appréciable à la fin, que vous découvrirez plus loin dans cet article.
Vérifiez tous vos verres avant de commencer. Assurez-vous qu'ils ne présentent aucune saleté, odeur étrange, fissure, etc. Ainsi, vous éviterez les mauvaises surprises lors de la dégustation.n.
Rafraîchissement du palais
Les rafraîchissements du palais sont essentiels pour une dégustation optimale. Ils empêchent les saveurs des différents rhums de se mélanger. Avant de commencer et entre chaque verre, ils aident à neutraliser le palais. Les rafraîchissements du palais sont naturellement neutres et facilitent ainsi le processus.
Le meilleur rafraîchissement du palais est, bien sûr, l'eau du robinet. Évitez autant que possible l'eau minérale, car les minéraux peuvent altérer le goût.
Le pain est également un bon rafraîchissement du palais. Le pain blanc aide à absorber les saveurs et est très efficace, surtout avec de l'eau.
Parmi les autres rafraîchissements du palais, on trouve le chocolat noir pur, la banane verte et la pomme rouge. Attention cependant, le chocolat noir pur est très amer et ne convient pas à tous. Le chocolat à 70-80 % de cacao fonctionne, mais beaucoup moins bien que le chocolat noir pur.
Neutraliser les odeurs
Le nez est également important. La dégustation repose principalement sur l'odorat ; il est donc nécessaire de rafraîchir son odorat de temps en temps. Sentir des grains de café est une bonne solution. Remplissez un verre ou un bocal de grains de café et vous constaterez que leur arôme s'intensifie soudainement.
Créez l'ambiance
L'environnement de votre dégustation est crucial. Déguster du rhum est une forme de méditation. Il est essentiel de pouvoir se concentrer pleinement et dans le calme. Assurez-vous d'être dans un endroit agréable, d'avoir tout le nécessaire, de ne pas être dérangé et d'être à l'abri des odeurs et des bruits désagréables ou excessifs. La dégustation doit se dérouler lentement et dans une atmosphère détendue.
CONSEIL : Le meilleur moment pour une dégustation est 11 h.
Pratique
Commencez toujours par prendre une gorgée d'eau et laissez-la couler sur toute votre langue pour éliminer tout résidu de goût. Ainsi, vous partez d'une base propre.
Lorsque vous versez votre rhum, n'oubliez pas que vous êtes en train de déguster. Ne versez pas plus que nécessaire. Je recommande 1,5 à 2 cl. Vous pourrez toujours en rajouter plus tard. Dans tous les cas, essayez de ne pas remplir votre verre à plus de la moitié. Vous souhaitez maximiser l'arôme à chaque instant ; verser trop de rhum réduit la capacité de stockage de cet arôme.
La dégustation commence toujours par l'observation. Tenez votre verre devant vous et regardez son contenu. Évaluez la couleur, la pureté et la viscosité. Ces éléments, combinés aux informations sur la bouteille, vous donneront une meilleure idée de ce à quoi vous attendre. Un novice en rhum n'apprendra pas grand-chose au début, mais c'est important de garder en mémoire pour comparer et même reconnaître les vieillissements, les origines et les degrés d'alcool à l'avenir.
Il est absolument inutile de faire tourner le rhum dans votre verre. Son évolution dépend de la température, et non de l'oxydation. Faire tourner le rhum peut être amusant de temps en temps, mais attention : trop le faire tourner peut entraîner une accumulation d'alcool. Nous y reviendrons.
Prenez aussi votre verre en main. Est-il froid ? Tenez-le un instant pour le réchauffer.
Vient ensuite l'étape de l'odorat. Sachez que votre odorat influence fortement votre perception du goût. Il est donc essentiel de bien utiliser votre nez. Respirez profondément et humez d'abord les grains de café.
Ne plongez pas immédiatement votre nez dans le verre ; vous le regretteriez. Tenez votre verre à hauteur de poitrine, sous votre nez. Vous percevrez certainement des arômes. Rapprochez ensuite lentement le verre de votre nez. Cela permet de ne pas saturer vos récepteurs olfactifs et d'apprendre à détecter les arômes subtils.
Une fois le verre à hauteur de votre nez, vous pouvez pleinement apprécier les arômes. Remarquez-vous que vous ne percevez que les arômes forts ou seulement l'alcool ? C'est possible. Cela arrive souvent lorsqu'on remue trop le verre ou lorsque celui-ci est passé de froid à chaud. Dans ce cas, soufflez simplement dedans. Cela élimine la couche désagréable et laisse place à des arômes plus subtils.
Vous pouvez aussi essayer de sentir avec chaque narine séparément. Pour cela, inclinez votre verre près de votre narine. Ainsi, vous « versez » le parfum dans vos narines.
N'oubliez pas non plus que la dégustation se fait en douceur. Inspirer ou renifler profondément est déconseillé et peut provoquer une sensation de brûlure désagréable dans le nez, gâchant ainsi le reste de la dégustation. Détendez-vous, allez-y doucement et appréciez.
Vous avez vu et senti ? Alors, passons à la dégustation. La dégustation est un processus qui demande du temps.
Commencez par porter délicatement votre verre à vos lèvres et prenez une toute petite gorgée. Votre corps, surtout si vous ne consommez pas souvent d'alcool, réagira par une légère sensation de brûlure. C'est un réflexe naturel qui vous avertit que vous buvez de l'alcool. Ce n'est pas dangereux, mais cette sensation ne doit pas persister. Si vous ressentez encore cette brûlure, cela peut être dû à un repas épicé ou salé que vous avez mangé juste avant. Dans ce cas, arrêtez la dégustation et essayez de vous rincer le palais. Si cela ne fonctionne toujours pas, renoncez-y et réessayez le lendemain.
Après la première gorgée, prenez une quantité légèrement plus importante. Voici maintenant la partie délicate : pour apprécier pleinement votre rhum, il est important de ne pas l'avaler immédiatement. Notre réflexe naturel est d'avaler, mais il faut apprendre à le contrôler, pour deux raisons. Premièrement, garder le rhum plus longtemps en bouche permet à vos papilles gustatives de mieux percevoir les subtilités des arômes. Cela enrichit l'expérience et vous permet d'apprécier les nuances. De plus, garder le rhum plus longtemps en bouche favorise un drainage naturel grâce à la salive. Pour les rhums à environ 40 % vol., cela n'aura pas une grande importance, mais à des degrés d'alcool plus élevés, la différence peut être considérable. Bien que l'alcool puisse rehausser les saveurs, il peut devenir envahissant, surtout pour les novices. Alors, allez-y doucement.
Après cette deuxième gorgée, il est important de ne pas recommencer immédiatement à humer et à goûter. Une fois avalé, il y a encore la finale et le retour. La finale est ce qui reste en bouche et évolue. Le retour est la portion de saveur qui remonte par la trachée. Ces deux éléments font partie intégrante de l'expérience.
N'oubliez pas de laisser votre palais et votre odorat se reposer avant de déguster un autre rhum.
Votre verre est vide ? Ne le rincez pas immédiatement, laissez-le sécher. Une fois votre verre sec, vous y percevrez encore de nombreux arômes délicieux. Des notes sucrées aux arômes boisés en passant par les notes fruitées : vous y découvrirez de véritables merveilles.
Reconnaître les saveurs
Nombreux sont ceux qui rêvent de reconnaître toutes les saveurs du rhum. Certaines bouteilles proposent une description des arômes et saveurs présents dans votre verre, mais comment s'y prendre ?
L'expérience et la pratique sont essentielles, tout comme une bonne dose d'introspection. Commencez toujours par les arômes que vous reconnaissez peut-être déjà : bois, sucre, herbe, cannelle, muscade, vanille, thym, réglisse, banane, ananas, etc. Essayez de les identifier et de les mémoriser. Si vous souhaitez découvrir de nouvelles saveurs, il est important de les expérimenter d'abord. Vous pouvez acheter des coffrets très complets (et souvent onéreux) contenant des échantillons d'herbes et d'épices, mais le plus simple est de se procurer régulièrement quelques épices pour apprendre à reconnaître leurs arômes. Remarque : le rhum est unique en son genre. Sa palette aromatique est bien plus riche et il contient parfois des saveurs et des arômes que nous ne percevons pas (souvent) habituellement. Prenez par exemple le rhum jamaïcain High Ester. Ces rhums ont parfois des arômes et des saveurs d'ensilage. Ceux qui vivent à la campagne le reconnaissent immédiatement. Ceux qui vivent en ville le trouvent souvent désagréable sans pouvoir l'identifier précisément. Les fruits tropicaux fraîchement cueillis, ou à l'inverse les fruits pourris, sont également des choses qui nous sont généralement étrangères. Il vous faudra donc faire un petit effort pour les reconnaître.
C'est pourquoi il est important de relativiser : la plupart des ingrédients mentionnés sur une bouteille sont attribués par des spécialistes. Il n'y a absolument aucun problème à ne pas les sentir ou les goûter soi-même. Chacun a son propre palais et ses propres goûts, et même si l'expérience était la même, les perceptions seraient généralement différentes. Je travaille dans ce secteur depuis des années, et pourtant, je suis incapable d'identifier grand-chose. Avec le recul, ce n'est pas si important. Le plus important, c'est que cela vous plaise.






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